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Procès des Comédiens français et des Comédiens forains. 253
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mediens forains formèrent immédiatement appel au Parlement et rédigèrent un mémoire justificatif de leur conduite. Autant en firent de leur côté les Comédiens français, et le procès fut jugé le 21 mars 1708 par le Parlement, qui donna complétement tort aux forains. Ceux-ci alors payèrent d'audace, et à la foire Saint-Laurent de 1708 ils ouvrirent bravement leurs salles de spectacle. Forts de leurs droits, les Comédiens français firent constater le 3 août la contravention, et présentant requête au Parlement, ils obtinrent le 20 un arrêt par défaut auquel Dolet et Delaplace firent opposition le 28, et gagnant ainsi du temps, ils arrivèrent sans encombre jusqu'à la fin de la foire Saint-Laurent. Enfin, le 2 janvier 1709, le Parlement rendit un arrêt définitif ordonnant l'exécution des précédentes sentences et des arrêts rendus sur ce point. Les forains en étaient donc décidément réduits à la danse de corde et aux marionnettes ; c'était dur pour eux qui avaient formé des troupes où l'on comptait d'excellents acteurs et qui avaient un matériel théâtral relativement considérable, le tout acquis au prix de grands sacrifices. L'approche de la foire SaintGermain les rendit inventifs, et c'est alors que la nécessité leur fournit un moyen excellent, celui de faire naître un conflit de juridiction. Alexandre Bertrand fit une vente simulée de ses loges, décorations, etc., à deux Suisses de la maison du Roi nommés Holtz et Godard, qui se partagèrent les deux troupes dirigées l'une par Dolet et Delaplace, l'autre par Christophe Selles. Devenus directeurs de spectacles forains, Holtz et Godard sollicitèrent alors dela police Ja permission nécessaire pour donner des représentations à la foire Saint-Germain. On la leur accorda; mais la veille de l'ouverture de la foire, le lieutenant de police, averti sans doute de la manœuvre, leur retira la permission de jouer des pièces et les restreignît aux danses de corde et aux marionnettes. Ceci ne faisait nullement le compte des Comédiens forains; aussi mettant leurs prête-noms en avant, ils se pourvurent contré la sentence du lieutenant de police en la Prévôté de l'Hôtel, juridiction où se jugeaient les causes des commensaux de la maison du Roi et où,
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